Il y a quelques jours, à la radio, un commentateur évoquait Laïka, la célèbre chienne soviétique, « premier animal dans l’espace ».
Laïka.
Encore Laïka.
Toujours Laïka.
À force de l’entendre, on finirait presque par croire que la conquête spatiale animale se résume à une petite chienne soviétique envoyée dans Spoutnik 2 en 1957.
Chez Sally & Cie, forcément, cela nous fait un peu sortir les griffes.
D’abord parce que l’histoire est plus compliquée que cela.
Et surtout parce que nous autres Français avons une fâcheuse tendance à oublier une certaine Félicette.
Oui, Félicette. Une chatte française. Une vraie pionnière de la conquête spatiale.
Nous lui avions d’ailleurs déjà consacré un article entier sur le blog de Sally & Cie : Félicette, la première chatte de l’espace.
Mais manifestement, un petit rappel ne fait pas de mal.
Laïka : un exploit… sans billet retour
Soyons justes.
Le 3 novembre 1957, lorsque les Soviétiques placent Laïka à bord de Spoutnik 2, ils accomplissent une prouesse technologique considérable : pour la première fois, un animal est placé en orbite autour de la Terre.
Mais il y a un détail.
Un assez gros détail, même.
Laïka n’est jamais revenue.
Et pour une excellente raison : il n’avait jamais été prévu qu’elle revienne.
La petite chienne est morte quelques heures seulement après le décollage, victime notamment de la surchauffe de la capsule.
Derrière l’exploit scientifique se trouvait aussi une formidable opération de communication soviétique.
Et force est de constater qu’elle a plutôt bien fonctionné.
Près de 70 ans plus tard, le nom de Laïka est toujours connu dans le monde entier.
Celui de Félicette ?
Beaucoup moins.
Et pourtant, nous avions Félicette
Le 18 octobre 1963, une fusée française Véronique décolle de la base d’Hammaguir avec une petite chatte à son bord.

La fusée monte à environ 157 kilomètres d’altitude. Félicette passe plusieurs minutes en impesanteur avant que sa capsule ne redescende sous parachute.
Et quelques minutes plus tard…
Félicette est récupérée vivante.
Première chatte à aller dans l’espace.
Et seule représentante de son espèce à avoir accompli l’exploit jusqu’à aujourd’hui.
Alors évidemment, soyons précis : Laïka a été placée en orbite, tandis que Félicette a effectué un vol suborbital.
Ce n’est pas exactement la même performance spatiale.
Mais il y a tout de même une différence qui nous semble assez fondamentale chez Sally & Cie :
l’une est partie. L’autre est revenue.
Un aller simple est-il vraiment un exploit ?
C’est peut-être là que notre vision de l’exploit mérite d’être interrogée.
Envoyer un animal à 150 kilomètres d’altitude est difficile.
Le faire revenir vivant est encore plus intéressant.
Car une fusée capable de monter, c’est une chose.
Une capsule capable de monter, de protéger son passager, de revenir sur Terre et de permettre de le récupérer vivant, c’en est une autre.
Et lorsqu’il s’agit d’un être vivant, cela nous semble même être l’essentiel de la mission.
À Sally & Cie, nous avons probablement un biais : Nous aimons beaucoup les chats.
Et, tant qu’à faire, nous préférons qu’ils reviennent.
Mais que font les médias français ?
Ce qui nous amuse — ou nous agace un peu —, c’est que cette amnésie touche aussi les médias français.
Que l’histoire mondiale ait davantage retenu Laïka, on peut le comprendre. En pleine guerre froide, l’URSS avait parfaitement compris l’importance de transformer ses exploits spatiaux en symboles.
Mais nous ?
Nous avions Félicette !
Une petite chatte française partie dans l’espace en 1963 et récupérée vivante après son vol.
La télévision française de l’époque avait d’ailleurs couvert l’événement : les archives de l’INA conservent encore un reportage de novembre 1963 consacré à « Félicette, la 1ère chatte astronaute ».
Nous ne pouvons donc même pas prétendre que nous ne savions pas.
Soixante ans plus tard, pourtant, prononcez « animal dans l’espace » et tout le monde répond :
Laïka !
La propagande soviétique mérite au moins qu’on lui reconnaisse une chose : elle avait un sacré service communication.
Chez Sally & Cie, nous choisissons Félicette
Nous ne réécrirons évidemment pas l’histoire.
Laïka restera une pionnière de la conquête spatiale et son destin mérite d’être raconté.
Mais racontons toute l’histoire.
Parlons aussi de Belka et Strelka, revenues vivantes d’orbite en 1960.
Et surtout, de temps en temps, souvenons-nous de notre petite astronaute française.
Chez Sally & Cie, notre choix est fait.
Entre la gloire d’un aller simple et un billet aller-retour…
nous choisissons Félicette.
Parce qu’envoyer un animal dans l’espace, c’est une prouesse.
Le ramener vivant, c’est quand même vraiment mieux ! Cela nous semble même le minimum que l’on puisse faire, ne serait-ce que par simple respect pour l’animal !
Et puis, franchement…
Et c’est vrai qu’un chat retombe toujours sur ses pattes : Même depuis 157 kilomètres d’altitude !